Mon volontariat a duré deux semaines, du 5 au 20 juillet 2026, sous le soleil de Sicile, accompagné de onze autres volontaires venus d’Italie, d’Espagne, du Portugal, de France et d’Ukraine. Notre objectif était de reconstruire le village de Roccalumera après le passage du cyclone Harry en janvier 2026.
À notre arrivée, nous avions été accueillis par l’association italienne Informa Giovani, qui collabore avec la municipalité de Roccalumera. Au cours de ce projet, nous avions repeint des ponts dans les villages voisins d’Alume et de Sciglio. J’ai été agréablement surprise de constater combien les habitants de Roccalumera et de ses environs étaient gentils et accueillants. Très souvent, les gens nous apportaient de l’eau fraîche et même parfois du café, du jus d’orange, des cornetti et des petits gâteaux siciliens. Je n’oublierai jamais notre première granita faite maison qu’une dame nous avait apportée le premier jour de travail. Par la suite, nous raffolions de cette petite boisson sicilienne que l’on dégustait tous ensemble dans le bar du coin. Les gens nous accueillaient facilement chez eux pour discuter, manger, utiliser la salle de bain. Une habitante s’était portée volontaire pour nous conduire en voiture dans les autres villages.
Afin de retirer un certain nombre de déchets plastiques, nous avions également nettoyé et balayé des espaces verts comme un parc pour enfants et le jardin du centre social. Dans ce dernier lieu, les autres volontaires et moi avions travaillé la terre et retiré les mauvaises herbes à l’aide d’outils de jardinage pour mettre en valeur les plantes. Un vieil homme sicilien qui passait par là est venu à notre rencontre pour me montrer comment utiliser la pioche. Une autre de nos missions avait été de ranger un local d’articles de seconde main. Les habitants avaient déposé des sacs remplis de livres, de vêtements et de vaisselle, que nous disposions sur les étagères. D’une manière générale, pour communiquer avec les habitants du village, je pratiquais un peu mon italien. Au cours de la deuxième semaine, nous avions planté des fleurs et certains ont construit une petite librairie de rue. Pour le dernier week-end, la commune avait organisé chaque soir un concert ou un bal, et nous avions dansé avec les habitants.
Dans mon groupe de volontaires, nous avons créé des liens très forts. Nous dormions dans des chambres partagées, prenions tous nos repas ensemble, faisions les tâches domestiques en duo selon un planning très précis et organisions nos sorties de groupe. Comme nous ne travaillions pas pendant les heures les plus chaudes, nous allions à la plage le midi, buvions un café en fin de repas et mangions des granite ou des glaces après le travail. Tout le monde pouvait se sentir inclus dans le groupe et, si nous parlions anglais la plupart du temps, cela ne nous empêchait pas de discuter dans la langue maternelle de l’autre. Je crois d’ailleurs avoir fait beaucoup de progrès en anglais. À l’occasion de la soirée interculturelle, nous avions partagé des desserts, pâtisseries et bonbons de nos pays respectifs. Un soir, pour dîner, nous mangions des pizzas sur la plage. Ce furent de nombreux moments de rires et de discussions, toujours accompagnés de notre playlist créée pour l’occasion. Pendant nos jours de congé, nous avions visité les très belles rues de Taormina, son théâtre grec antique et Isola Bella. Le second week-end, nous nous sommes rendus à Catane, visitant son université, ses grandes places et son célèbre marché aux poissons. Pour notre dernière soirée, nous sommes allés manger des pizzas au restaurant et les Espagnoles de notre groupe ont célébré leur victoire à la Coupe du monde de football. Ce furent beaucoup de moments partagés, riches en émotion. Chacun était triste de partir. Revenir en France après ce volontariat m’a fait bizarre, tant j’étais habituée à parler anglais et à vivre en groupe. Je pense dire sans me tromper que chacun a beaucoup appris de l’autre, de nos différences culturelles, bien sûr, mais, à vrai dire, surtout de nos ressemblances, en tant que jeunes Européens.
Maïwenn, 22 ans, volontaire sur un chantier international Corps Européen de Solidarité en Italie