Lucie, volontaire sur un chantier CES : "Voir cet espace transformé, sachant que chaque volontaire a apporté sa pierre à l'édifice, fut un sentiment de succès collectif très gratifiant"

Lucie

Mon volontariat de deux semaines à Saint-Antonin-Noble-Val, une charmante ville près de Montauban, devait initialement se concentrer sur un projet patrimonial : la pose de pavés dans une ruelle.

J’y suis allé en novembre, m’attendant à une ville endormie en basse saison. Quelle surprise de découvrir une communauté étonnamment vivante, avec ses commerces et son dynamisme, et un gîte d’accueil qui est très vite devenu un lieu de vie chaleureux.

Très vite, la mission a changé, nécessitant une grande adaptabilité de notre part. Loin du pavage, nos journées sont devenues un kaléidoscope de tâches d'entretien urbain, en lien direct avec les travailleurs de la ville. Nous avons réalisé des travaux diversifiés qui m'ont montré concrètement l'envers du décor d'une commune :
• Aménagement d’une nouvelle place : j’ai appris l'importance du travail paysager en participant à la plantation d’arbustes. Bâches, terreau, creusement des trous, paillage... et surtout, le système d'arrosage qui assure la survie des plantes pour les décennies à venir.
• Aide ponctuelle : nous avons prêté main-forte là où il y avait besoin, ramassant les feuilles sur les places, coupant les gourmands des grands arbres, tondant l'herbe et même démontant des tentes d'été pour l'hivernage dans un autre camp.

Le principal défi, inhérent à la vie de volontariat, fut de gérer l'énergie et la vie en communauté constante pendant deux semaines. À 27 ans, cette immersion sociale fut une manière de me remettre en difficulté, de me sentir grandir à nouveau. L'ambiance au sein du groupe était d’une grande bienveillance. Nous avons eu beaucoup de liberté, travaillant le matin avant de nous organiser pour des activités l'après-midi, laissant aussi le temps de s’isoler, courir ou respirer.

Mon plus grand moment de fierté a été de voir la nouvelle place terminée. Voir cet espace transformé, sachant que chaque volontaire a apporté sa pierre à l'édifice, fut un sentiment de succès collectif très gratifiant. Cette expérience m'a marquée : elle a renforcé mon adhésion au travail et à la vie communautaire. J’ai aussi découvert que l’entretien d’une ville est loin d’être monotone. Surtout, j'ai compris que les liens se tissent avec le temps. J'ai noué de belles amitiés avec mes camarades volontaires, même si cela n’a eu lieu qu’en fin de séjour. Il ne faut pas se précipiter, il faut laisser le temps faire les choses naturellement. Aujourd’hui, nous nous revoyons, preuve que le volontariat crée des relations durables.

À ceux qui hésitent à se lancer, mon message est simple : n'hésitez pas. Acceptez l'imprévu, prenez le temps de connaître les gens. Ce type d'expérience est une opportunité rare de se recentrer, d'apprendre sur soi et sur les autres, et de s'épanouir en dehors de sa zone de confort.

Lucie, 27 ans, volontaire sur un chantier CES en France

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