Agir, partager, apprendre : immersion à Gaziantep

Dounia

Partir en Turquie pour un projet de volontariat était pour moi un mélange d’excitation, de curiosité et d’envie de me rendre utile. Je savais que cette expérience allait m’apporter quelque chose, mais je n’imaginais pas à quel point elle allait m’enrichir humainement, émotionnellement et culturellement. J’ai choisi ce projet parce qu’il me permettait de travailler avec différents publics : des enfants, des jeunes, des étudiants, des locaux, ainsi que des communautés touchées par des conflits.

Gaziantep est une ville multiculturelle, marquée par la présence de communautés syriennes, kurdes et turques. C’est une ville vivante, brute, riche en histoires et en émotions. Pendant plusieurs semaines, nous sommes intervenus auprès d’une école syrienne située à 20 km de la frontière, auprès d’une université, d’un collège et d’un lycée, d’un centre de jeunes, auprès d’associations locales, et même dans des parcs pour mener des ateliers informels. Chaque jour était différent, chaque groupe unique, et chaque activité adaptée aux besoins et aux niveaux des participants. Nous avons proposé des ateliers créatifs, des activités linguistiques en anglais, des débats sur des sujets variés, des jeux pédagogiques, des activités sportives, des interventions sur des thématiques sociales, du nettoyage de parquet, et même des ateliers bien-être comme le yoga.

L’école syrienne était l’une des expériences qui m’a le plus marquée. Nous avons appris l’alphabet, les chiffres, joué, et même dessiné sur les murs de l’école. Les enfants étaient incroyablement respectueux, joyeux, curieux et attachants. C’était une après-midi simple, mais chargée d’émotions et d’humanité. J’ai aussi animé un atelier yoga pour les volontaires et les locaux en pleine nature, ce qui fut très apaisant. Tout le monde a participé, même ceux qui n’en avaient jamais fait. Et à la fin, je leur ai proposé de faire un câlin aux arbres, ce qu’ils ont fait, dans la joie et la bonne humeur : un moment de connexion totale que je n’oublierai jamais.

Vivre avec des volontaires du monde entier t’apprend énormément sur la patience, l’écoute, l’adaptation, la communication, le respect, la gestion du stress et des émotions. Nous parlions plusieurs langues, nous débattions de sujets profonds, nous découvrions les traditions, les manières de penser et de vivre de chacun. J’ai pu améliorer mon anglais, développer ma capacité d’adaptation et renforcer mon ouverture d’esprit. Étonnamment, je n’ai pas vécu de réelle mauvaise expérience. Bien sûr, il y a eu la fatigue, le rythme intense de la vie en collectivité, le fait de s’adapter à plusieurs langues, la batterie sociale parfois à zéro, mais chaque difficulté s’est transformée en apprentissage. J’ai appris à prendre du recul, à mieux gérer mes émotions, à communiquer plus calmement, à poser mes limites, à sortir de ma zone de confort, à prendre soin de moi, à renforcer ma légitimité et ma confiance. Ce projet m’a rappelé l’importance du dialogue, de la solidarité, de la tolérance, de l’empathie, du respect et du simple fait d’être humain ensemble. Il m’a donné envie de m’engager encore plus, de créer ou de rejoindre des projets qui rassemblent, qui relient et qui apaisent. Je suis repartie plus forte, plus consciente, plus ouverte, plus inspirée. Je recommande vraiment ce projet parce qu’on apprend réellement des autres, on sort de sa routine, on vit des moments uniques, on se construit humainement, on découvre une culture incroyable, on contribue à quelque chose de positif, même à petite échelle. On ne change pas les choses en un mois, mais on plante des graines et c’est déjà énorme. Je suis profondément reconnaissante d’avoir participé à ce projet, d’avoir rencontré de belles âmes, notamment Big Ali, le directeur de GEGED, et d’avoir travaillé avec des volontaires locaux qui m’ont énormément apporté, autant sur le plan émotionnel qu’intellectuel et professionnel. Ce projet m’a rappelé qu’il existe de l’espoir, des belles personnes, et que les choses peuvent changer, même à petite échelle. Il suffit de faire de son mieux, d’écouter, de respecter, de communiquer sans imposer ses idées, et d’apprendre à cohabiter avec les chemins de pensée des autres.

Le groupe dont je faisais partie était composé d'une quinzaine de personnes venant de 8 pays différents, tous Européens....
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