Je suis parti deux mois avec l’association VIN, sur un projet de construction et de rénovation au Népal à Okhaldhunga. Je n'avais aucune expérience en construction avant de partir, et je peux vous rassurer tout de suite : ce n'est pas ce qu'on vous demande. Ce qui compte le plus, c'est votre présence qui permet bien souvent à une personne âgée de la communauté de souffler un peu.
Dès l'arrivée, Nobaraj, le chauffeur de VIN, m'attendait. C'est avec lui que j'ai acheté ma carte SIM et changé un peu de liquide, une fois arrivés au siège de VIN à Katmandou, qui allait devenir mon lieu de vie pour les premiers jours. On m'a parlé de mon projet, montré des plans, expliqué les étapes de construction. Chaque journée avait pour but de me faire découvrir un peu plus la culture et la langue népalaises. J'ai même eu droit à une après-midi avec un membre de VIN pour visiter deux lieux symboliques de la ville. Les journées commençaient à 10h et se terminaient vers 16h, ce qui laissait du temps pour échanger avec les autres volontaires ou simplement s'acclimater. La pollution de Katmandou peut surprendre au début, il faut le dire.
Puis est venu le moment de partir vers la montagne. Direction la région d'Okhaldhunga, à Nishankhe, en jeep, pour un trajet d'environ 10 heures qui m'a semblé bien plus long que prévu tant les routes sont abîmées. Départ à 6h du matin, arrivée en fin de journée, entre les bosses, la musique népalaise et des paysages à couper le souffle. Un Népalais m'a accompagné tout du long pour que la barrière de la langue ne soit jamais un problème. Et en arrivant dans ma nouvelle maison au milieu de la montagne, j'ai tout de suite compris que j'avais trouvé un petit paradis : les infrastructures, l'espace, le confort, et surtout les personnes qui y vivent, de vrais trésors.
Le travail en lui-même m'a offert une immersion totale auprès des familles népalaises. Avec elles, j'ai construit des water tanks, des grey water tanks et des water taps, des installations essentielles qui leur permettent d'avoir accès à l'eau potable durablement, de laver leurs vêtements et de cultiver leurs propres champs. Mes journées étaient rythmées par le béton, le coffrage, le ferraillage, le coulage, et le transport de sacs de sable, de ciment et d'agrégats : de quoi perdre quelques kilos et gagner en muscle ! J'étais presque toujours épaulé par les habitants ou par d'autres membres de la communauté qui connaissaient déjà les étapes, et que je retrouvais avec plaisir quand je revenais sur la même zone. Ce qui m'a le plus marqué, c'est la reconnaissance sans faille des familles que j'aidais, toujours attentives à mon état de santé et à savoir si j'avais assez mangé. Mes journées commençaient à 10h et se terminaient vers 17h, trajet compris, parfois jusqu'à deux heures de marche pour rejoindre le chantier. Ça peut faire peur au début, mais le corps s'habitue vite. Sur le chemin, Bipana, responsable du suivi des water tanks, m'accompagnait presque tout le temps : elle est devenue mon plus grand allié, celle qui m'a appris le népalais petit à petit, au point que je suis reparti en étant probablement celui qui s'exprimait le mieux avec les locaux parmi les volontaires.
Côté quotidien, la nourriture était assez similaire d'une semaine à l'autre, mais pour changer un peu, il y avait l'unique restaurant de Nishankhe, où j'ai partagé des moments inoubliables avec les membres de l’association. Et le temps libre, je l'ai passé à explorer les environs : Okhaldhunga, la plus grande ville de la région, à trois heures à pied ou quarante-cinq minutes en jeep ; Rumjatar, un peu plus loin ; Pattale, où l'on peut passer deux jours avec une vue sur l'Himalaya à 4000 mètres d'altitude ; et pour les plus motivés, Pikey Peak, une randonnée de trois jours qui se termine par un lever de soleil sur l'Everest à 5000 mètres.
Deux mois, ça paraissait long sur le papier avant de partir. Sur place, le temps a filé à une vitesse folle. Si je devais résumer cette expérience en un mot, ce serait : profitez-en, vraiment, à chaque instant, car c'est une aventure unique.
Une question sur cette mission ? N'hésitez pas à me contacter : ulysse.weber@gmail.com
Ulysse Weber, 23 ans, volontaire long terme au Népal