Je dois l’avouer, au début j’étais sceptique. J’étais initialement sur un autre chantier qui a été supprimé une semaine avant. Dans la panique, j’ai choisi ce projet en Lozère sans trop regarder ce que j’allais y faire.
Très vite, j’ai été émerveillée par l’endroit. Parisienne puis Lilloise, je n’ai pas l’habitude d’aller dans un endroit si reculé, si loin de tout, si naturel, et surtout si beau. Entourée de montagnes vertes, protégée par un ciel étoilé que je n’avais jamais vu avant, je suis tombée amoureuse de l’endroit.
Ensuite j’ai rencontré tous les autres jeunes européens, et mon bonheur n’a fait que croître. Espagnols, grecs et géorgiens, il y avait des timides, des avenants, des sportifs, des artistes, des bruyants, des silencieux, des drôles, des attentionnés. Beaucoup de profils différents, mais que des gens bons envers les uns et les autres. Nous avons partagé nos trois semaines en étant constamment ensemble. Dans les tentes, dans la cuisine, dans la salle à manger, dans les activités de Florent (que j’ai adorés) etc.
En seulement quelques jours, nous sommes devenus très proches les uns des autres ; Nous nous côtoyons comme si nous nous étions toujours connus. On se partageait tout, secret comme objet. Dès que quelqu’un avait besoin d’aide, quelqu’un répondait à l’appel.
Je ne saurais dire quel fut mon meilleur moment durant ces trois semaines. Il y a eu la formidable randonnée où nous nous sommes levés à 3h30 pour aller admirer le levé du soleil en eau du mont Lozère. Puis nous avons fait une randonnée de plusieurs heures pour nous baigner dans de superbes cascades. Quel soulagement de pouvoir enfin se baigner dans de l’eau glaciale après avoir transpiré pendant des heures sous le soleil, en compagnie de vaches, de myrtilles et de paysages à couper le souffle. Merci Gigi (aka notre Guru) pour ces incroyables sorties en montagne.
Il y a eu cette fois où nous avons regardé l’éclipse, avec les lunettes adéquates, merci au Camp de Solidarité. Le nuage qui cachait le soleil a finalement déguerpi pour nous laisser admirer cet évènement qui ne reviendrait pas en France avant des dizaines années.
Et toutes ces fois où les animateurs ont accepté de nous conduire en voiture à Pont de Montvert pour nous baigner dans sa rivière. Les Espagnols et Grecs trop habitués à la mer chaude de la Méditerranée ont tellement galéré à s’habituer à son eau froide. Moi, je me baigne dans l’Atlantique ou dans la Manche, alors ça m’était facile de plonger. On sautait des rochers après les avoir escaladés, on pique-niquait sur la berge, on bronzait sur la terre… On y passait des heures entières et pourtant j’avais l’impression, comme tout le monde, qu’on avait eu à peine le temps de faire un saut.
Il me faut tout de même mentionner notre activité principale, la radio. Durant une semaine, divisés en trois groupes distincts, nous avons eu le plaisir d’aller à l’encontre de diverses personnalités pour en apprendre plus sur la Lozère. Pour ce qui en est de mon groupe, nous avons discuté avec un spécialiste du Parc des Cévennes et des zones natura 2000, comme nous nous trouvions dans une zone protégée par l’UNESCO qui rencontrait de brusques bouleversements à cause du réchauffement climatique. Puis nous avons écouté le témoignage de deux personnes parlant le patois local pour en apprendre plus sur les langues régionales, surtout sur l’Occitan. Il a été très émouvant d’écouter la femme âgée qui, les larmes aux yeux, racontait qu’elle se faisait réprimander par ses instituteurs dès qu’elle parlait son patois et non le français.
Ces deux rencontres nous ont sensibilisés sur la protection de l’environnement et la diversité des cultures au sein d’un même pays.
A la fin, nous étions tous fiers d’écouter à la radio le fruit d’une semaine de travail. Nous avions tout fait, le jingle, les interviews, les discussions etc. Une émission radio qui avait été enrichie par nos diversités culturelles, nos aspirations, nos différences etc.
Je remercie Raphaëlle et Thomas pour leur travail qui nous a permis d’y arriver.
De même, le dîner international fut un franc succès. Nous avons régalé les habitants de Pont de Montvert avec nos quiches, croquettas, khachapuri Imeruli et de Galaktoboúreko.
Le départ a été dur pour le coup. Avec certains, j’ai pu partager une dernière fois un restaurant italien avant la séparation. Avant de rentrer à Paris sans mes nouveaux amis.
Si au début j’étais sceptique, à la fin j’étais tellement triste de partir.
Je garde contact avec mes nouveaux amis, avec la promesse d’un jour sauter dans le premier avion pour aller leur rendre visite. Je garde leurs recettes à cuisiner chez moi dans mon appartement d’étudiante. Je garde espoir de les revoir un jour.
Fanny, 19 ans, volontaire sur un chantier CES