Témoignage


Pour stimuler votre imaginaire et envisager quel pourrait être notre projet commun, nous vous laissons avec les mots de ceux et celles qui accueillent nos chantiers.

Rencontre avec un élu au Conseil municipal et l’adjointe technique de Saint-Pierre du Palais, une commune rurale de 400 habitants située en Charente-Maritime.

Depuis combien d’années votre commune accueille-t-elle des chantiers internationaux ?

Le premier a eu lieu il y a 13 ans et cette année, c’est notre cinquième chantier ! Jusqu’ici, nous avons travaillé sur le lavoir, une grange et l’ancien four à Tuilier. Certains chantiers sont plus longs que d’autres, ainsi, lorsqu’un chantier de trois semaines ne suffit pas, nous remettons ça l’année suivante.

Comment se répartissent les tâches avec Solidarités Jeunesses ?

Solidarités Jeunesses monte les projets, trouve les financements, recrute et forme un binôme de deux animateurs et permet la venue des volontaires. De notre côté, nous fournissons les matériaux, mettons à disposition un encadrant technique et sommes chargés de l’accueil du groupe (hébergement et nourriture).

Comment tout cela a-t-il commencé ?

Il me semble que Monsieur le Maire a découvert l’existence des chantiers de jeunes bénévoles par le biais d’une autre commune qui en accueillait déjà. Il a tout de suite pensé que cela pourrait dynamiser notre commune. Finalement, pour nous, ce n’est pas la nécessité de réhabiliter du petit patrimoine qui motive la réalisation d’un chantier, c’est même l’inverse. Lorsque l’on souhaite organiser un chantier, nous cherchons et trouvons ce sur quoi les volontaires travailleront, mais ça n’est finalement qu’un support.

Vous pouvez m’expliquer ?

Nous sommes situés sur un territoire rural, habité par une population indépendante. Alors, accueillir un chantier international représente pour notre commune une formidable opportunité d’ouverture vers l’extérieur. Durant trois semaines, nous organisons des évènements qui permettent aux locaux de rencontrer le groupe accueilli. Cela commence par le pot d’accueil, puis vient le repas international et enfin, les portes ouvertes permettent aux uns et autres de découvrir le travail réalisé. Parallèlement à cela, des rencontres informelles ont aussi lieu.

Arrivez-vous à impliquer les habitants ?

Je ne vais pas vous cacher que c’est compliqué, notamment avec les jeunes. C’est un travail de longue haleine, mais c’est fondamental. Ainsi, chaque rencontre et chaque implication comptent. Pour ce qui est du dernier chantier, je me souviens du pâtissier qui est venu offrir aux volontaires des croissants et des pains au chocolat, quand d’autres ont offerts des fruits et légumes de leur jardin. Les jeunes n’ont pas de véhicule, alors il arrive que des habitants leurs prêtent des vélos. Cette année, le prestataire de transport scolaire a même mis à disposition son car et son temps pour permettre aux volontaires, accompagnés de quelques habitants, d’aller visiter le Conseil Général à La Rochelle.

Quels impacts ont ces rencontres ?

Évidemment, elles font tomber les préjugés, mais elles jouent aussi concrètement sur le destin des personnes. Je pense notamment à un employé communal qui a pris un grand plaisir dans sa fonction d’encadrant technique alors qu’au début, il ne souhaitait pas participer à un tel projet. À l’échelle de la mairie, je remarque que cela fait aussi évoluer les relations entre les élus du Conseil municipal et nos agents. Nous ne sommes plus sur une relation employé/employeur, mais dans un rapport d’humain à humain.

Des difficultés ? Des regrets ?

Nous espérons impliquer un peu plus à chaque fois les habitants de la commune et comme je vous le disais, nous y mettons beaucoup d’énergie, c’est vraiment ce pourquoi nous organisons ces chantiers. Et pour ce qui est des regrets, je n’en ai qu’un seul, celui de ne pas avoir commencé avant !