Textes références


DÉCLARATION SUR LE « VIVRE ENSEMBLE » SELON SOLIDARITÉS JEUNESSES.


Le contexte mondial dans lequel Solidarités Jeunesses inscrit ses valeurs et ses objectifs – notamment la construction de la paix - n'a pas réellement changé depuis sa création : les guerres ont pris d'autres formes mais le système économique s'affirme comme toujours plus prédateur et destructeur de lien social.

Aujourd'hui, lutter contre l'individualisme et contre la déresponsabilisation des personnes en tant qu'actrices et citoyennes demeure une de nos priorités.

Dans nos sociétés occidentales toujours plus cloisonnées, Solidarités Jeunesses réinterroge donc sa vision du et des vivre ensemble, aussi nous pensons que la rencontre reste le meilleur moyen que nous connaissons pour : 


• partager des actions concrètes et des idées

• se confronter aux différences culturelles des uns et des autres

• favoriser la remise en question, le regard critique

• faire vaciller les préjugés et les représentations culturelles


Dans nos centres d'accueil et pendant nos projets, des dynamiques interculturelles très diverses singulières et riches se créent quotidiennement, bousculant nos systèmes de valeurs et perturbant nos zones de confort. Nous réaffirmons que ce "vivre ensemble", qui se construit à la croisée des identités individuelles et collectives, est un préalable incontournable en vue de favoriser les transformations sociales.

Nous sommes conscients que les expérimentations de vie collective proposées sont limitées dans le temps, étroitement liées aux projets d'accueil et pas directement reproductibles au dehors. Mais nous ne cherchons pas un modèle unique de vivre-ensemble. Ce qui nous anime est de transmettre la capacité d'inventer en permanence des modalités de vivre ensemble, puisque les questionnements proposés à l'intérieur sont transposables à l'extérieur.

Dans ce même souci de porosité vis à vis du monde extérieur, nous œuvrons au quotidien pour essaimer nos expériences et nos envies de pratiques différentes. Nous travaillons le faire et le vivre ensemble en interaction permanente avec des instances et des partenaires déjà concernés par ces questions mais aussi qui en restent éloignés.

Indignés par les modalités de formation de la pensée unique qui exacerbent les différences, nous utilisons l’Éducation populaire comme un outil pour rassembler, expérimenter, apprendre et surtout résister. Alors que la résignation gagne du terrain, stimulée par les classes politicienne et médiatique, alors que l'uniformisation des cultures et de la pensée nous est imposée, nous revendiquons le caractère innovant et créatif de nos actions.


Texte rédigé lors de l'Assemblée Générale du mouvement et voté par le Conseil National en juin 2015.





TEXTE DE POSITIONNEMENT : MIGRATION(S) ?

« Crise des migrations » ? La notion de crise est pour nous une surenchère médiatique qui aboutit à des préjugés sur les migrant.e.s. S’il existe une crise c’est celle du système capitaliste et néo-libéral qui met en concurrence les plus démuni.e.s.

Alors qu’ aujourd’hui les médias se focalisent principalement sur les conséquences des migrations, ce qui importe à Solidarités Jeunesses c’est d’interpeller sur ses causes. Cette posture déconstruit l’idée de bouc-émissaire qui se répand aujourd’hui dans les pays d’accueil et correspond aux valeurs de notre mouvement d'éducation populaire qui s'inscrit dans une démarche de transformation sociale.

Face à ce constat, nous sommes indigné.e.s par le non-respect du droit d’asile et des droits humains. Révolté.e.s et préoccupé.e.s par la stigmatisation et par les conditions d’accueil de ces personnes, nous nous interrogeons individuellement et collectivement sur notre rôle, notre responsabilité et les actions à mettre en place.

Nous voulons d’ailleurs plus que jamais réaffirmer les valeurs de Solidarités Jeunesses : la construction de la paix par le vivre et le faire-ensemble, l’ouverture à l’autre et la tolérance.

Il nous semble important de rappeler que ces « migrant.e.s » sont nos alter ego et nous invitons chacun.e à les considérer avant tout comme des citoyen.ne.s du monde à la recherche d’un havre de paix.

Parce que nous sommes convaincu.e.s que derrière chaque situation il y a un être humain et son vécu, nous nous devons de veiller à rester fidèles à nous-mêmes en refusant d’établir une hiérarchie dans la précarité, en s’occupant de tout.e.s et en favorisant la mixité culturelle et sociale.

Dans nos actions nous sommes solidaires plutôt que charitables.

Nous n’avons pas vocation à devenir des substituts de l’Etat : nous sommes des lieux où l’on vient par choix et non par obligation.

Nous proposons :

• que SJ continue à créer des espaces qui permettent de déconstruire les préjugés;

• de se rapprocher d’associations pour proposer nos services (transmission de

savoirs, accompagnement des personnes...);

• d’ouvrir des débats dans nos territoires afin de favoriser des prises de conscience;

• de sensibiliser à l’ouverture à l’autre et à son accueil.

Nous voulons pour finir souligner que toute migration, au-delà des difficultés qu’elle comporte, créé de la diversité et contribue à une société plus riche.


Texte rédigé lors de l'Assemblée

Générale du mouvement et voté par le

Conseil National en juin 2016




EXTRAIT DE LA CHARTE SOLIDARITÉ ET LUTTE CONTRE LES EXCLUSIONS DE SOLIDARITÉS JEUNESSES 

La participation volontaire de tous, y compris des plus défavorisés, est au cœur des actions que Solidarités Jeunesses met en œuvre.

Depuis plus de 20 ans Solidarités Jeunesses travaille pour la solidarité et la lutte contre les exclusions. Nos actions se sont progressivement structurées, multipliées, développées. De nombreux partenaires y sont maintenant associés, et Solidarités Jeunesses a su faire reconnaître la qualité du travail qu’elle propose dans ce domaine et ses spécificités.


Le Volontariat :

La notion de volontariat s’inscrit dans une démarche d’éducation populaire et s’appuie sur une pédagogie de libre adhésion.


Prise en compte globale de la personne

Ce processus permet à chacun de se ré-approprier de son histoire, et souvent de reconnaître les freins qui empêchent d'avancer.


L’accompagnement social


L’accompagnement social est en lien avec la prise en compte globale de la personne.

Ce travail s’effectue avec les différents interlocuteurs de la personne (assistant social, conseiller ANPE, encadrant chantier, etc.) et ce à chaque étape du projet. Cet accompagnement social est la garantie de la cohérence de l'ensemble du travail effectué.


La mixité


La mixité s’entend à de nombreux niveaux: international, inter-génération, homme-femme, ...

Cette mixité permet des croisements de regards, d’attitudes, de stratégies d’identités. C’est l’effet miroir, la découverte du "qui je suis", d’abord comme constat, ensuite comme opportunité d'une prise de recul et d'une réflexion sur "qui je suis aujourd'hui" et qui "je veux devenir".



L’encadrement

L’encadrement est assuré, selon les actions par des permanents, salariés de l’association ou des bénévoles membres de l’association.

Les compétences requises sont toujours d’ordre éducatif (inspirées de l’éducation populaire), elles s’accompagnent de compétences techniques, soit dans l’encadrement chantier, soit dans l’encadrement de modules théoriques, soit dans l’accompagnement de problématiques individuelles.


Le faire avec


Il n’y a pas celui qui sait et celui qui apprend, mais des individus et un groupe qui ensemble s’engagent dans des processus d’apprentissages réciproques et des relations de confiance mutuelle.

Les activités développées, la pédagogie qui les accompagne, favorisent les moments de questionnement et de mise en pratique, les espaces d’incertitude et d’appropriation où chacun peut se découvrir « capable de ».


La participation de volontaires internationaux


Éléments important de la mixité mise en œuvre par Solidarités Jeunesses, les volontaires internationaux génèrent des situations d’échanges et de découvertes enrichissantes pour chacun.

La présence et la participation des volontaires internationaux témoigne aussi pour les "participants à nos actions de solidarités et de lutte contre les exclusions" de leur possibilité à partager des actions avec des personnes très différentes.


La vie collective (l’hébergement, les repas, le ménage...)


Dans l’articulation entre les moments de travail, les temps de loisirs ; la vie collective est un facteur restructurant. Il permet à chacun de développer d’autres échanges, et de recréer des réseaux relationnels.

Le partage de la vie quotidienne entre les participants et les encadrants, est le mortier d'une relation qui implique chacun.


L'évaluation

Solidarités Jeunesses considère qu’une action sans bilan n’est pas une action crédible. La capacité de se mettre en question, de constater ses forces et ses faiblesses, est essentiel pour l’évolution des actions agissant dans la lutte contre l’exclusion. Nos projets se construisent ainsi, sur base de nos auto-évaluations continues.


Le partenariat : une ouverture


Un travail en partenariat signifie réciprocité, une implication commune dans le montage, la réalisation et l’évaluation d’un projet.

Par l’information, la mise en relais et la participation à différentes rencontres, Solidarités Jeunesses se donne les moyens de favoriser et de développer la communication avec les différents opérateurs impliqués dans ses projets.


Texte rédigé en 2013 par la Commission SLE (Solidarités et lutte contre les exclusions).