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solidarites jeunesses - volontariat international
Solidarités Jeunesses
 

Fanette en Turquie

Le témoignage d’une volontaire de Solidarités Jeunesses partie en chantier d’été en Turquie

 

Tout a commencé par le plus grand des hasards… Je cherchais du travail depuis le début du printemps dernier et comme rien de concret ne se profilait à l’horizon, j’ai décidé d’aller au CRIJ de Lyon (Centre Régional d’Information Jeunesse). Une réunion était organisée à propos des chantiers internationaux et j’y suis allée. C’était marrant d’ailleurs parce qu’il y avait que des filles ! :) J’avais déjà eu l’occasion de pas mal voyager avant (stages, jobs, vacances…) mais jamais sous forme de volontariat. Ça peut paraître bizarre voire simpliste comme pensée, mais au départ je ne comprenais pas trop pourquoi il fallait payer pour aller « travailler » en étant bénévole… maintenant je sais ! Et oui, toute l’organisation que de tels projets nécessitent, il faut bien la financer. Et quand on revient du chantier, on ne regrette pas du tout d’avoir payé ! (on se dit même que c’est vraiment donné) Comme je m’y étais prise assez tard, le choix était restreint pour les chantiers de juillet. J’avais entendu du bien de la Turquie alors je me suis dit « Pourquoi pas ? » ; j’ai consulté la liste et plouf plouf, j’ai choisi au hasard le chantier SINDIRGI-GSM10 au Nord-Ouest de la Turquie. Au programme : entretien et rénovation des parcs de la ville, peinture et plantations. Hébergement et restauration dans une chambre d’hôtes. Solidarités Jeunesses m’a procuré les coordonnées d’un autre français qui participait au même chantier et j’ai donc pu le contacter avant de partir. Il s’avère que c’était un bon connaisseur de la Turquie et il m’a bien aidé dans ma préparation de voyage, le top !

Et c’est parti pour mon premier chantier, direction Istanbul en avion puis Sindirgi en bus. Première escale en Suisse, l’avion est en retard mais j’arrive à attraper ma correspondance, ouf ! Mon sac, lui, n’aura pas couru assez vite, il est resté à Zurich… résultat : attente de 6h à l’aéroport d’Istanbul ; seul souci : dernier métro à minuit, or il était 23h55 quand mon sac a débarqué après être passé par l’Allemagne… La dame de l’agence des bagages « perdus » me dit qu’en courant je peux quand même avoir ce fameux dernier métro alors pas de temps à perdre, petit sac devant, grand sac sur le dos et cours Forrest !!! Chaque membre du personnel de l’aéroport que je croisais sur mon chemin me criait « Run, Run ! », énorme… J’arrive enfin vers l’entrée du métro, la grille descendait pour fermer l’accès… dans ma tête j’ai tout de suite pensé à Fort Boyard « la porte, la porte ! », je courais en rigolant à moitié, c’était folklo ! Je me suis faufilée sous la grille, le gardien m’a fait entrer gratuitement et j’ai sauté dans le wagon direction la station de bus. Sacré début pour un voyage ! Arrivée à la station de bus d’Istanbul en plein milieu de la nuit, à ma grande surprise pratiquement personne ne parlait anglais… j’ai dû me débrouiller pour me faire comprendre et acheter un ticket de bus pour Balikesir. Malheureusement tout était complet, j’ai trouvé un sympathique monsieur qui parlait deux-trois mots d’anglais (Yes, No, Stop, Thank You), il m’a vendu un ticket vers une première ville et m’a conseillé de prendre un autre bus pour rejoindre Balikesir. Je savais pas trop si je pouvais lui faire confiance ; après tout, j’avais pas de meilleure solution ! Me voilà montée dans ce bus bondé. Contrairement à nos bus, là-bas, les cars qui font les longs trajets sont très prisés et offrent un service complet (boisson et snack à bord, écran TV pour chaque siège…). Epuisée je m’endors, je me réveille à 4h du matin, sur l’eau… ah ! En effet, le bus était monté sur un ferry pour traverser la Mer de Marmara. Pour ma première escale, le vendeur de tickets de bus m’offre un thé turc, le premier d’une lonnnngue série ! Et oui, les turcs en boivent à toute heure, pour toutes les occasions. Je n’en bois pas en France mais je vous promets qu’il est différent et vraiment bon ! J’ai compris qu’effectivement il fallait oublier l’anglais et parler avec mes mains pour me faire comprendre, c’était très marrant ! Après plusieurs trajets en bus, j’arrive à destination, très bien accueillie par le responsable du chantier, un employé de la mairie de Sindirgi. Plusieurs participants étaient déjà là et discutaient en buvant du …thé ! of course !

Au total nous étions 19 : 3 Turcs, 3 Espagnols, 3 Serbes, 2 Monténégrins, 1 Japonaise, 4 Coréennes et 3 Français. Dès le début, il y a eu une très bonne ambiance. J’ai trouvé ça incroyable qu’une vingtaine de personnes qui ne s’étaient jamais vues auparavant, avec des cultures, des âges, des personnalités, des parcours différents, puissent aussi bien s’entendre, avoir le même humour, la même envie de partager cette expérience. Quand on nous a emmené sur notre lieu d’hébergement, au début j’ai cru que c’était une blague… non, non, on a bien été logés dans un super hôtel thermal au fin fond de la montagne avec piscine, cascade, chambres pour trois et tout, et tout ! Le personnel de l’hôtel était super. J’ai oublié de le préciser mais la plupart des habitants de Sindirgi n’avaient jamais rencontré d’étrangers avant, donc ils étaient impressionnés de nous rencontrer. C’était la première fois que je me sentais autant regardée, comme une « attraction », les gens nous suivaient, nous prenaient en photo… Au départ ça fait bizarre mais après on s’y habitue. Et puis il n’y avait pas ce côté voyeur, les habitants étaient juste surpris et heureux de faire la rencontre de personnes étrangères. Les employés de l’hôtel (comme toute la population de Sindirgi quasiment) parlaient turc donc ça rendait les dialogues comiques parfois ! Mais qu’est-ce qu’on a pu rigoler ! Le matin et le soir on mangeait à l’hôtel ; le midi on allait à un restaurant dans les hauteurs, sous les pins, avec cuisine au feu de bois, hummm… excellent ! Je ne connaissais pas particulièrement les plats turcs et j’en suis tombée amoureuse. Notre unique moyen de transport était un minibus qui contenait environ 13 places et on se serrait pour tous rentrer dedans ; on jouait un peu à Tetris, les asiatiques sur nos genoux ! ;) Les routes étaient parsemées de grands trous et étaient en travaux donc on avait l’impression d’être dans un 4*4, mais comme tout le monde racontait des blagues, chantait, sifflait… ça donnait un ensemble magnifique, rempli de bonne humeur et de rigolade !

Ce qu’il y a de bien dans le volontariat, c’est que personne n’a été forcé pour venir, tout le monde a fait le choix d’être là, donc il n’y a que du positif. Nos deux animateurs étaient très dynamiques, compréhensifs, sérieux et généreux. Ils ont organisés plein d’activités tout au long du séjour : plage, visite de Balikesir, mariages, fête foraine, concert avec chanteuse « connue », balade dans la montagne avec sources d’eaux chaudes, bains turcs et sauna, masques à l’argile, jeux de société, restaurants, fiesta, marché, … On ne s’ennuyait jamais. On pouvait aller à la piscine en rentrant le soir, c’était génial ! Les clients de l’hôtel se joignaient à nous pour jouer. Le contact avec les locaux restera inoubliable pour moi. L’hospitalité turque, leur gentillesse, leur sourire, leur cuisine, leur musique, leurs danses… j’ai tout adoré ! Un jour, on « travaillait » dans un parc en ville, et une dame nous a invités à boire le thé chez elle. Vous imaginez une vingtaine de personnes débarquer chez vous comme ça, d’un coup ? Elle était fière de nous faire goûter tous ses produits-maison : fromage, tomates, « brioche », miel, cornichons, … Elle nous a montré comment elle tissait les tapis, c’était vraiment très touchant. On a eu l’occasion de participer à de nombreuses cérémonies : avant-mariage, mariages, après-circoncision…

Les turcs qu’on a rencontré étaient tellement ouverts et généreux, c’était impressionnant. On nous a invités à danser avec les mariés, au milieu de la place du village avec des dizaines et des dizaines de personnes tout autour. Ils avaient tous des très beaux vêtements, avec une décoration très fleurie, on a eu le droit au gâteau (qui faisait 10 étages…), magnifiques souvenirs.

Ah oui, j’allais oublier de parler du « travail » !!! Les premiers jours on était à fond, j’étais toute rouge tellement il faisait chaud et on arrêtait pas de bouger, porter des pierres, arracher des plantes… Les habitants étaient intrigués quand ils nous voyaient, ils venaient nous apporter à boire et à manger, donc, tout bien calculé, on devait faire des pauses toutes les…30minutes ! Les enfants adoraient venir nous voir, jouer avec nous, ils étaient marrants. Plus les jours passaient, plus on était en retard le matin… c’était pas vraiment difficile ce qu’on faisait en fait ! Et puis tout le reste était tellement bien qu’on y allait de bon cœur. A la fin du chantier, les au revoir étaient difficiles, c’est fou comme on peut s’attacher aux personnes rapidement. J’ai passé quelques jours à Istanbul avec un des participants et on reste tous en contact grâce au fameux Facebook donc c’est cool.

J’ai conscience d’avoir eu la chance de participer à un super chantier où toutes les (bonnes) conditions étaient réunies : excellente ambiance, participants super, très bonne organisation, du soleil pendant 3 semaines, un pays et sa population extraordinaires, un anniversaire fêté en beauté,… la liste est longue. C’était mon premier chantier et ça restera ma meilleure expérience à l’étranger. Je trouve ça dommage que cette forme de voyage ne soit pas plus connue (autour de moi, peu de personnes savaient que ça existait) ; il y a à la fois la découverte du pays visité mais aussi la découverte des cultures des autres participants, ce qui rend cette expérience doublement intéressante. Alors n’hésitez pas, faites comme nous, partez en chantier !!!

Fanette, 24 ans vivant actuellement en Angleterre

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